lundi, 30 novembre 2009
Agrumes
Mon pamplemoussier que j’avais planté, sans trop d’illusion, en pleine terre il y a 7 ou 8 ans et que je protège assez simplement chaque hiver, produit régulièrement, pour me remercier, une quantité tout à fait honorable de pamplemousses, qui ont le mérite (entre autre) de ne pas être traités...

Je pensais assez naïvement qu’il s’agissait d’un cas rare, et j’en étais, soit dit en passant, assez fier, car à Villeneuve nous ne sommes plus du tout dans « la Zone de l’Oranger » qui correspond essentiellement à la Cote d’Azur et au littoral varois.
Or, hier, à Arles, nous avons découvert au détour d’une rue sans cachet ce petit jardin et surtout … ce magnifique citronnier.

Coïncidence : 2 jours auparavant, sur l’île de la Barthelasse,, entre Villeneuve et Avignon,
dans des circonstances assez similaires, même type de rue , même type de jardin…
Cette fois il s’agissait d’un oranger.

Eloge de l’Oranger – La Fontaine
Sommes-nous, dit il, en Provence ?
Quel amas d’arbres toujours verts
Triomphe ici de l’inclémence
Des aquilons et des hivers ?
(…)
Orangers, arbres que j’adore,
Que vos parfums me semblent doux !
Est il dans l’empire de Flore
Rien d’agréable comme vous ?
(…)
Lorsque votre Automne s’avance,
On voit encor votre printemps ;
L’espoir avec la jouissance
Logent chez vous en même temps.
Vos fleurs ont embaumé tout l’air que je respire :
Toujours un aimable zéphyr
Autour de vous se va jouant.
Vous êtes des nains ; mais tel arbre géant,
Qui déclare au soleil la guerre,
Ne vous vaut pas,
Bien qu’il couvre un arpent de terre
Avec ses bras.
20:06 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agrumes
dimanche, 29 novembre 2009
Jules C.
Je ne sais plus où j'ai trouvé ça :
« Novembre : un matin si gris
que les oiseaux se recoucheraient. » !
Je ne me suis pas recouché.
Juste le temps de prendre une photo du ciel et hop, direction Arles,
exposition « Trésors engloutis du Rhône ».
Passionnant !
A revoir, bien entendu que le temps soit gris ou non.
J'ai enfin compris la raison pour laquelle Arles était si riche à l'Epoque romaine :
C'était un port ... maritime !
Tout ce qui a été trouvé dans le Rhône, fait l'objet de l'exposition.
Outre la tête de César, que tout le monde a pu voir sur les affiches 4x3 qui bordent nos routes, il y a de véritables chefs d'œuvre, dont ce Captif, en bronze :

Dans le musée il y a également tous les vestiges de cette époque, récoltés ici ou là
depuis le 16 ème siècle : des sarcophages ( certains sont absolument exceptionnels) aux canalisations de plomb qui permettaient à la ville d'être alimentée en eau potable ( puisage dans les Alpilles).
Les sculpteurs maîtrisaient leur art à la perfection.
J'ai dans ma bibliothèque photo, une reproduction d'une statue féminine provenant des fouilles marines effectuées dans la baie d'Aboukir, en Egypte.
C'était de l'autre coté de la Méditerranée et c'était la même maîtrise.
Comment un artiste a t'il pu rendre la transparence des drapés avec comme matériau de la pierre et comme outil un burin ?
Sachant qu'en plus, la moindre erreur est irréversible !

20:15 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : trésors du rhône
samedi, 28 novembre 2009
Jacques Delille
Bon, finalement Noe, Raphaël et Gabriel ont été « vifs et assidus à leur travail ».
(cf. note du 26 11 : « Du jardinier et des qualités qu'il faut avoir. »)

Et pour illustrer leur « travail », ces vers de Jacques Delille (1738/1813)
Jacques Delille, a été élu à l'Académie Française à ... 34 ans !
Mais les « autorités » ayant refusé son élection car, si jeune à l'Académie, ... ça ne se faisait pas ! ( et d'ailleurs, ça ne se fait toujours pas !), il n' y est donc rentré qu'à 36 ans, 2 ans après.
Je n'ai pas fini de parler de cet artiste qui a consacré sa vie à la Poésie, mais aussi , et c'est ce qui nous intéresse, aux Paysages et à l'Art des Jardins.
Eh oui ! Il y a 200 ans il parlait déjà de ce dont, quotidiennement , nous parlons ici.
Un de ses blogs s'appelait « Les Jardins ou l'Art d'embellir les paysages ».
« La bêche ou le crayon » il y a 2 siècles

« ...Jadis dans nos jardins, les sables infertiles,
Tristes, secs, et du jour réfléchissant les feux,
Importunaient les pieds, et fatiguaient les yeux ;
Tout était nu, brûlant ; mais enfin l'Angleterre
Nous apprit l'art d'orner et d'habiller la terre.
Soignez donc ces gazons déployés sur son sein,
Sans cesse l'arrosoir ou la faux à la main,
Désaltérez leur soif, tondez leur chevelure ;
Que le roulant cylindre en foule la verdure,
Que toujours bien choisis, bien unis, bien serrées
De l'herbe usurpatrice avec soin délivrés,
Du plus tendre duvet ils gardent la finesse ;
Et quelquefois enfin réparez leur vieillesse
Réservez toutefois aux lieux moins éloignés
Ce luxe de verdure et ces gazons soignés.
(...) »
10:58 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poesie
vendredi, 27 novembre 2009
Gingko (encore !)

Je sais, je sais,
L'or des feuilles de l'Arbre aux 40 écus, c'est un cliché répété, ressassé, rabâché ...
Et, ce mois, je ne peux pas dire qu'ici, j'ai dérogé à la règle !
Mais ce que j'ai eu sous les yeux, je me moque de savoir si c'est un cliché.
Je ne peux pas ne pas le partager !
08:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gingko
jeudi, 26 novembre 2009
« Manuel du jardinier » - Edité à Paris en l'an VII de la République. (1799)

Chapitre Premier :
Du Jardinier, et des qualités qu'il doit avoir.
« Un jardinier doit être jeune, vif et assidu à son travail: il doit au moins connoître les quatre vents principaux, afin de choisir une situation convenable à ses plantes, et avoir quelques notions du dessin, pour savoir former ses plantations, et bien garder les proportions nécessaires dans les carrés. Il faut qu'il connoisse toutes les espèces de fleurs, pour leur assigner un terrain convenable ; qu'il soit au fait des phases de la lune, afin de savoir le temps précis où il faut semer et planter. Il doit avoir sous sa main tous les instuments propres au jardinage, et en particulier la bêche, la pelle, la pioche, le rateau, la règle, le cordeau, la houe, le hoyau, le maillet ; deux cribles, un étroit pour les semences, et un plus large pour les bulbes ; une houlette, un arrosoir, quelques vaisseaux sans fonds pour défendre certaines plantes dans l'été de l'ardeur du soleil, un escabeau, ou un petit siège qui puisse se placer aisément dans les détours des parterres, et au dessous lequel il y ait un tiroir pour mettre un balai, une cuiller pour enlever la terre : des liasses de verges, avec des numéros pour soigner et marquer les plantes les plus rares. Enfin il doit avoir un greffoir et ce qui en dépend, et mettre toutes ces choses dans un endroit qui soit à sa portée, afin de pouvoir les trouver aussitôt qu'il en aura besoin. Il doit se réserver quelques poignées de sarrazin rouge, avec un vaisseau pour mettre les ordures, et une brouette pour tenir propre le jardin. »
Grandiose, non ?
Noe (de dos sur la photo), Gabriel, Raphaël , ... y a du pain sur la planche !


07:46 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : manuel du jardinier 1799
mercredi, 25 novembre 2009
Fondation Gianadda
Je fais partie des fidèles (*) qui chaque année viennent découvrir la nouvelle exposition de peinture que présente la Fondation Gianadda à Martigny dans le Valais.
Toujours remarquable
(*) Depuis son ouverture en 1978, la Fondation a eu plus d'entrée qu'il n'y a d'habitants en Suisse ! ( info trouvée dans Wikipedia)
Et je ne suis pas prêt de me lasser du jardin qui abrite une exposition permanente de sculptures dont ce sein , œuvre de César.

« ...Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime.
Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours. »
Le Vallon (Méditations poétiques) - Lamartine
En butinant sur le site de la fondation
je n'ai pas été surpris de constater que les photos des tableaux des maîtres étaient libres de droit ; c'est tout à fait dans l'esprit de ce lieu.
J'en ai sélectionné 2 . Comme ça, un peu au hasard !
Matin d'Automne - Pissarro ( Musée d'état des Beaux- Arts Pouchkine. Moscou)

Le jardin d'Hoschédé - Sisley (Musée d'état des Beaux-Arts Pouchkine. Moscou)

08:24 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fondation gianadda
mardi, 24 novembre 2009
Le Grand Capricorne du chêne - Cerambyx cerdo
Novembre , à priori, n'est pas le mois le plus indiqué pour parler du Grand Capricorne du chêne, le Cerambyx cerdo.

Mais à la vision de ce pauvre et malheureux chêne, que j'ai photographié, j'ai estimé que Novembre ou pas, il n'est pas interdit de parler des dégâts occasionnés par Cerambyx cerdo, en dehors de la période estivale!
Si dans le Sud de la France, on ne compte plus les chênes touchés, ce n'est pas le cas en Europe du Nord où la population de Cerambyx cerdo est en voie de disparition.
La conséquence ?
Et bien, suivant une directive communautaire, le Cerambyx cerdo est maintenant ... protégé .
Et ce, quelque soit le pays ; qu'il s'agisse d'un pays scandinave, où cela est tout à fait compréhensible, ou qu'il s'agisse d'un pays méditerranéen où cette mesure est difficilement défendable.
Mon pronostic ?
Dans quelques années ce seront les victimes du Cerambyx cerdo qui seront à leur tour bénéficiaire d'une protection, en tant qu'espèces menacées.
Le Cerambyx cerdo s'attaque, en effet, à toutes les espèces de chêne, mais plus particulièrement au Quercus robur.
Le cycle est assez simple :
L'adulte apparaît fin Mai courant Juin.
Après accouplement, la femelle pond dans les anfractuosités des écorces de chêne, les plaies, les coupes mal cicatrisées des arbres affaiblis ou dépérissants.
La larve éclot très rapidement et va vivre la première année dans les parties périphériques du bois, le plus souvent sous l'écorce.
En Juin de la 2ème année, les choses sérieuses commencent, la larve qui a pris de la bouteille, se dirige vers le centre du tronc ou des branches et, au fur et à mesure qu'elle grossit, les galeries qu'elle creuse, s'élargissent.
La photo des bûches de chêne n'a pas besoin de commentaires !

En Juin de la 3ème année, dans le meilleur des cas, car cela peut durer 1 ou 2 ans de plus, elle va creuser une galerie large d'environ 2cm, vers l'extérieur.
Elle ne creuse pas jusqu'au bout mais laisse une fine languette de bois qui fera office de Porte de la Liberté que l'insecte parfait qu'elle va devenir et qui, lui, ne sera pas xylophage n'aura plus qu'à enfoncer pour sortir.
La larve qui, à ce stade, mesure entre 7 et 9 cm, retourne dans sa galerie, qu'elle obture de déjection de sciure, puis qu'elle calfeutre avec un opercule calcaire et crée une « loge nymphale », dans laquelle elle s'installe, la tête dirigée vers l'extérieur.
La larve va alors se transformer en « insecte parfait » vers le mois de Septembre.
L'insecte parfait, Cerambyx cerdo, va rester immobile dans sa loge jusqu'à la mi-Mai, courant Juin.
Et l'histoire va se renouveler : accouplement, ponte, petite larve sous l'écorce, larve ..., insecte parfait, etc....
L'espérance de vie du Cerambyx cerdo, si toutefois il ne croise pas de pie sur sa route ne sera que de ... 2 petits mois !
Tout ça pour ça ?

- Lorsque l'arbre est contaminé et si l'attaque est ciblée sur une branche, ce qui est malheureusement fort peu fréquent, la solution est simple : couper immédiatement cette branche et brûlez la.
- Dans le cas d'une attaque généralisée, il y a peu de chose à faire ; en tout cas, la bonne vieille méthode qui consiste à introduire un fil de fer dans les trous est totalement inefficace, et pour cause, c'est le trou de sortie de l'insecte !
- Une méthode qui aurait indiscutablement des résultats, serait de disposer plusieurs pièges à insectes, avec un liquide sucré (les Grands Capricorne adorent !) sur l'arbre touché et dans les alentours immédiats, car le Cerambyx cerdo se reproduit souvent là d'où il vient. Renouveler systématiquement l'opération du 15 Mai au 15 Septembre, chaque année, pendant au mons 5 ans.
C'est tout à fait faisable, mais, petit problème, ... c'est interdit.( voir plus haut)
Ceci dit par solidarité avec les pays du Nord, on pourrait capturer les insectes et leur expédier en espérant que le voyage dure moins de 2 mois !
- Très sérieusement la seule lutte efficace est préventive.
Les attaques se font souvent à la suite d'agression extérieure, élagage, tempête...
Bien cicatriser les plaies et supprimer les branches mortes et affaiblies.
Les chênes sont également souvent affaiblis par des sécheresses (parfois répétées). Bien que cela soit souvent négligé, je pense qu'il s'agit là d'une des principales causes d'attaque de Capricorne.
Dans ce cas, aux grands maux les grands remèdes : Il ne faut pas hésiter à arroser très copieusement l'arbre à l'aplomb de son feuillage.
Il m'est arrivé « d'oublier » un arroseur mobile pendant 12 heures, avec un résultat quasi immédiat.
Le chêne sait marquer son contentement.
Dans le cas de très vieux arbres, cette durée peut être rallongée.
Bien entendu, ce genre d'opération reste assez exceptionnelle, le chêne n'étant pas une plante aquatique !
Pour finir, je me souviens avoir lu le témoignage d'un jardinier qui préconisait également un épandage d'engrais azoté sous le couvert végétal.
Je ne sais pas si cette méthode a donné satisfaction, mais elle avait le mérite de la cohérence.
Les larves n'aiment pas beaucoup la sève .
P.S. : Dans l'Encyclopédie Méthodique de Diderot 83 espèces de Cerambyx ont droit, chacune, à un article.
Preuve, s'il en est, que l'entomologie ne date pas d'aujourd'hui.

08:00 Publié dans Jardins malades: les soins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le grand capricorne du chêne, cerambyx cerdo
lundi, 23 novembre 2009
Les Acariens
Acariens sur Laurier tin


Avant de parler des derniers fruits que l'on rencontre encore dans le Sud, j'avais photographié cette attaque d'acariens sur Laurier tin (Viburnum tinus) .
Le « grisaillement » du feuillage est, en effet, très symptomatique.
Le traitement ?
En été, lorsque ce type d'attaque est détecté à temps, on pulvérise de l'eau sur le feuillage, Tout simplement.
Avec éventuellement le savon noir que préconise Jean Louis.
Comme toujours, essayer de faire un traitement « recto-verso » des feuilles.
Plus facile à dire qu'à faire !!
Si cela n'est pas efficace, utiliser en solution ultime, en curatif, un acaricide du commerce
Mais là encore les huiles blanches sont très efficaces (et agrées en culture bio).
A faire plutôt comme traitement d'hiver, en évitant les période de gelée.
Faire bien pénétrer le traitement dans le végétal (c'est totalement un insecticide de contact)
08:08 Publié dans Jardins malades: les soins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : acariens
dimanche, 22 novembre 2009
La ravenelle
Ravenelle ( Raphanus raphanistrum). (Radis sauvage).
Toutes les vignes et les oliveraies de la Vallée des Baux sont recouvertes en cette fin de mois de Novembre d'un véritable tapis blanc.
Splendide ! (pléonasme ! Car tout ce qui pousse ici est splendide...)

A ma grande honte, j'ignorais le nom de cette « mauvaise herbe », jusqu'à ce que Seddick me l'apprenne.
La Ravenelle qu'elle s'appelle !
Plus exactement Raphanus raphanistrum, cousine de Raphanus sativus, le bon vieux Radis.

Sa floraison peut être aussi jaune et dans ce cas, il est assez difficile de faire le distingo ave la moutarde sauvage ( Dinapis arvensis).
Dans mes vieux bouquins, j'ai trouvé pas mal de choses la concernant, mais je ne vais pas ressortir à chaque occasion mes articles du Bon Jardinier d'il y a 200 ans !
Quoique ...
09:05 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ravenelle
samedi, 21 novembre 2009
Samedi 21 Novembre 2009
Conservation du raisin (one more !)
Il y a une semaine, je parlais de deux méthodes de conservation du raisin.
Je vous livre celle que préconise mon « Bon Jardinier » de 1803.
Très simple à réaliser !
![]()
Moyen de conserver le Raisin.
Il ne s’agit que de mettre dans un tonneau ou barril qui ne se laisse point pénétrer par l’air extérieur, un lit de son desséché au four, ou de cendres sèches et tamisées, et par-dessus un lit de grappes de Raisin bien épluché et cueilli l’après-midi , par un temps sec, avant sa parfaite maturité.
Alterner ainsi les lits de son (ou de cendres) et de raisin, jusqu’à ce que le tonneau soit plein, en observant que les grappes ne se touchent point, et que la cendre ou le son fasse le dernier lit ; puis renfoncer le tonneau assez bien pour que l’air n’y pénètre pas, (ce qui est le point essentiel).
Du Raisin ainsi arrangé peut se conserver huit à dix mois, même un an.
Pour lui faire reprendre sa fraîcheur, vous couperez le bout de chaque grappe, et vous le ferez tremper (savoir, le Raisin blanc dans du vin blanc, et le Raisin rouge dans du vin rouge) , comme on met les fleurs dans l’eau pour les faire revivre ou pour les maintenir fraîches.
Je ne garantis pas le résultat ….
19:23 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : raisin
vendredi, 20 novembre 2009
Recette de l'amande de Ginkgo grillée !!!
(Modestement, je suis très fier de ma trouvaille !)
Tirée de l'édition du « Bon Jardinier », Edition de l'an 11 de la République Françoise
(cf ce blog à la date du 9 Mai)

Outre la recette « culinaire » , je reproduis également le passage où l'auteur fait référence au pistachier !
J'imagine aisément les sourires sarcastiques que cela va susciter, mais quand cet article a été écrit, le plus vieux ginkgo en France n'avait pas ... 25 ans ( planté à Montpellier en 1778 par Antoine Guan) .
Cela ne faisait que 7 ans qu'une marcotte en avait été planté à Paris (au Jardin des Plantes).
Et pour la petite histoire celui de Montpellier n'a fleuri pour la première fois qu'en 1812, soit ... 9 ans après la parution de cet article .
« Ginkgo à deux lobes ; Ginkgo biloba. Lin
Cet arbre qui croit naturellement au Japon et à la Chine, a porté le nom d'arbre aux quarante écus, par la raison que les premiers arbres qu'on a vendu ont coûté quarante écus. On le nomme aussi Arbre de GORDON, parce que Gordon passe pour avoir fait connoître le premier ce bel arbre en Europe. On en trouve actuellement en France, qui ont plus de vingt pieds de hauteur ; mais ils n'y ont pas encore fleuri.
« Selon Kaempfer, célèbre voyageur, les fruits de cet arbre sont des noix ovales arrondies, de la grosseur d'une prune de Damas, Jaûnâtre dans leur maturité, et qui, sous un brou charnu d'un goût âpre, contiennent une coque ligneuse, mince, fragile, blanchâtre, ovale, un peu pointue aux deux bouts, avec un angle longitudinal sur un coté . Cette coque renferme une amande blanche, à chair un peu ferme, bonne à manger, et qui a même une saveur assez agréable, lorsqu'on la fait rôtir sur les charbons, comme les châtaignes. On les présente au dessert dans le pays et on les regarde comme propres à faciliter la digestion. On les emploie aussi dans divers ragoûts. »
Le Ginkgo acquiert la grosseur et l'étendue d'un fort Noyer, et il est remarquable par la forme singulière de ses feuilles qui sont fendues en deux ; ce qui forme deux lobes. Elles sont larges d'environ trois pouces. Cet arbre paroît se plaire dans toutes sortes de terreins. On l'expose ordinairement en plein air. Il se multiplie des drageons qui poussent au pied. Il a résisté, sans être couvert, à la forte gelée de 1788 à 1789.
M de la Marck pense que cet arbre a de grands rapport avec les Pistachiers, dont il est de la famille, et que lorsque sa fructification sera bien connue, il pourra former un genre qui tiendra le milieu entre les Pistachiers et les Noyers. Il présume même qu'il seroit possible de le greffer avec succès sur le Pistachier. »
Emouvant, non ?
Et puis, avant que les feuilles ne tombent, cette dernière photo de mon ginkgo, prise ce matin.
( j'en suis assez fier aussi !

J'ai trouvé également dans cette édition du Bon Jardinier, une recette pour conserver les raisins.
Objectivement elle est très différente des 2 que j'ai indiquées ici il y a quelques jours.
Mais ça sera pour demain ( ...ou plus tard !)
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jeudi, 19 novembre 2009
Le Chêne
Le Chêne
Tout le monde connaît la Fable de La Fontaine : « Le chêne est le roseau »
Mais rare sont ceux qui connaissent la version d'Esope dont il s'est inspiré et la version d'Anouilh qu'il a inspiré à son tour.
Je les livre ici en les illustrant de photos de mon vénérable chêne qui a su résister, pour l'instant, aux assauts des nombreux Mistral auxquels il a été confronté durant sa longue existence (environ 300 ans !).
J'ai pris également aujourd'hui, en rentrant de notre chantier des Baux, quelques photos de vulgaires roseaux en bord de route, dans la plaine de Tarascon...
La version d'Esope (VIème siècle avant J.C.) a été traduite par Isaac de Benserade, contemporain de La Fontaine.

Un arbre reprochoit au Roseau sa foiblesse :
Il vient un prompt orage ; un vent souffle sans cesse ;
L'arbre tombe plutôt que de s'humilier,
Et le Roseau subsiste à force de plier.
Le Chêne se moquoit du Roseau, jouet du moindre souffle, lui disoit-il d'un ton méprisant, que tu me fais pitié, lorsque je te vois sur les bords d'un marais où l'on ne découvre qu'à peine, baisser la tête devant les plus foibles Zéphyrs ; Regarde-moi, vois jusqu'où la mienne s'élève, & combien est robuste ce tronc qui résiste au plus furieuses tempêtes. Pendant qu'il se vantoit de la sorte, un ouragan s'éleva, & vint tout à coup fondre sur le Roseau & sur lui. Le vent eu beau souffler contre le premier ; comme celui-ci plioit, il ne fit que l'agiter, tout le mal tomba sur le Chêne. Pendant qu'il se roidit, & croit tenir ferme contre l'orage, un toubillon de vent l'enveloppe, l'ébranle,& le renverse. Alors on vit cet Orgueuilleux tomber au pied de celui qu'il venait d'insulter.
Le Chêne par les vents tombe déraciné,
Quand le Roseau soutient leur courroux mutiné.
Hélas, s'il est ainsi, que les Grands sont à plaindre !
Plus on est élevé, plus on a lieu de craindre.

La version d'Anouilh date d'il y a 50 ans et n'a pas tout à fait la même morale !

Le chêne un jour dit au roseau :
« N'êtes-vous pas lassé d'écouter cette fable ?
La morale en est détestable ;
Les hommes bien légers de l'apprendre aux marmots.
Plier, plier toujours, n'est-ce pas déjà trop,
Le pli de l'humaine nature ? »
« Voire, dit le roseau, il ne fait pas trop beau ;
Le vent qui secoue vos ramures
(Si je puis en juger à niveau de roseau)
Pourrait vous prouver, d'aventure,
Que nous autres, petites gens,
Si faibles, si chétifs, si humbles, si prudents,
Dont la petite vie est le souci constant,
Résistons pourtant mieux aux tempêtes du monde
Que certains orgueilleux qui s'imaginent grands. »
Le vent se lève sur ses mots, l'orage gronde.
Et le souffle profond qui dévaste les bois,
Tout comme la première fois,
Jette le chêne fier qui le narguait par terre.
« Hé bien, dit le roseau, le cyclone passé -
Il se tenait courbé par un reste de vent -
Qu'en dites-vous donc mon compère ?
(Il ne se fût jamais permis ce mot avant)
Ce que j'avais prédit n'est-il pas arrivé ? »
On sentait dans sa voix sa haine
Satisfaite. Son morne regard allumé.
Le géant, qui souffrait, blessé,
De mille morts, de mille peines,
Eut un sourire triste et beau ;
Et, avant de mourir, regardant le roseau,
Lui dit : « Je suis encore un chêne. »
Jean Anouilh, Fables

07:56 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chêne
mercredi, 18 novembre 2009
La ravenelle
François et l'etude de la ravenelle... passionnant et passionné
17:58 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ravenelle
Ginko
Samedi dernier, donc, comme annoncé ici, nous avons dégusté ( et c'est le mot !) de la Prose Champêtre et de la Poésie de Jardin, récitées (ce n'est pas le mot , mais bon...) par nos amis Catherine Salviat et Aladin Reibel et du Chateauneuf du Pape du remarquable domaine de Marcoux. (Ahhh, le « vieille vigne » 1989...)
Un seul mot, et c'est le bon : Divin !
La Nature, les jardins et les paysages ont si bien inspiré les artistes, à toutes les époques et en tous lieux, que nous n'allons pas nous gêner pour distiller ici les trouvailles qu'il nous arrive de faire qu'il s'agisse d'écrits, de tableaux, de poèmes, bref de l'Art dans les Jardins ou des Jardins dans l'Art.
Ainsi pour accompagner les photos de mon Ginkgo qui, si le Mistral ne s'en mèle pas, sera splendissime dans 2 ou 3 jours, j'ai soutiré de l'ouvrage :
« Ginkgo Biloba, l'arbre qui a vaincu le temps »
de Pierre-François Michel , ce poème écrit par Goethe en 1815 :
( Que Jean Louis ou Laetitia, aurait pu, sans problème, traduire...)

« Dieses Baums Blatt, der von Osten
Meinem Garten anvertraut,
Gibt geheimen Sinn zu kosten,
Wie's den Wissenden erbaut.
Ist es e i n lebendig Wesen,
Das sich in sich selbst getrennt?
Sind es zwei, die sich erlesen,
Daß man sie als e i n e s kennt?
Solche Fragen zu erwidern
Fand ich wohl den rechten Sinn;
Fühlst du nicht an meinen Liedern,
Daß ich e i n s und doppelt bin? »

« La feuille de cet arbre
Que l'Orient confia à mon jardin
Laisse entrevoir son sens secret
Au sage qui sait s'en saisir.
Serait-ce là un être unique
Qui de lui-même s'est déchiré
Ou bien deux qui se sont choisis
Et qui ne veulent être qu'un ?
Répondant à cette question
J'ai percé le sens de l'énigme
Ne ressens-tu pas à mon chant
Que je suis un tout en étant deux »
Le poète fait, bien sûr, référence à la feuille si particulière de cet arbre.
Bilobée, comme nous disons...

Moi, j'ai juste scanné une feuille ramassée sous l'arbre, les 2 lobes sont bien visibles ! !
07:15 Publié dans les jardins & les écrivains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ginko
mardi, 17 novembre 2009
Chauve-souris
Hier ?
glycine pieuvre !
Aujourd'hui ?
glycine chauve -souris
« ... Oh ! parmi les poussiéreuses poutrelles,
Ce sont de jeunes chauves-souris
Folles d'essayer enfin hors du nid
Leurs vieillottes ailes !
- Elles s'en iront désormais aux soirs,
Chasser les moustiques sur la rivière,
A l'heure où les diurnes lavandières
Ont tu leurs battoirs... ! »
Jules Laforgue


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lundi, 16 novembre 2009
Glycines
Maussane
« La pieuvre n'a pas de masse musculaire, pas de cri menaçant, pas de cuirasse, pas de corne, pas de dard, pas de pince, pas de queue prenante ou contondante, pas d'ailerons tranchants, pas d'ailerons onglés, pas d'épines, pas d'épée, pas de décharge électrique, pas de virus, pas de venin, pas de griffes, pas de bec, pas de dents. La pieuvre est de toutes les bêtes la plus formidablement armée. (...). Ses noeuds garrottent. »
(Victor HUGO, Les Travailleurs de la mer (2ème partie, Livre IV, chapitre II), La pieuvre)
Mais à Maussane, quelle aurait été l'inspiration de Victor en face du superbe dessin des lianes-tentacules de glycines enlaçant les piliers de fer (qui d'ici peu ne seront plus qu'un souvenir) ?
That's the question !



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dimanche, 15 novembre 2009
Les derniers fruits d'Automne (6)
Le raisin

Après avoir pris cette photo, la semaine dernière ( donc ... début Novembre ), j'ai dégusté cette grappe !
Preuve, s'il en est qu'on trouve encore du raisin à cette date , en tous cas à Maussane !
Je pense qu'il s'agit du cépage Servant ( mais je n'en suis pas sûr à 100% !) .
C'est un cépage assez tardif et qui peut se conserver, après cueillette jusqu'à Noël, si on suspend la grappe à l'obscurité, par exemple dans une cave, en évitant de toucher les grains avec ses doigts et si l'on retire systématiquement les grains pourris.
Personnellement pour habiller une pergola, j'apprécie beaucoup le Dattier de Beyrouth, blanc (fin Août)et surtout le Muscat d'Alexandrie, blanc aussi, et qui fructifie fin Septembre, début Octobre.
En noir, la variété sans trop de problème ( et très bonne), c'est le très courant Muscat de Hambourg.
Chez moi (Avignon) il fructifie vers la dernière semaine d'Août.
Dans mon jardin, j'ai toutes ces variétés, et d'autres ( que je teste !).
Si l'on souhaite conserver plusieurs mois des variétés plus précoces, comme le Chasselas, par exemple; il existe une méthode qui date de plus de 150 ans et qui a été mise au point à Thomery en Seine et Marne.
Et pas besoin d'être un as du bricolage, pour réaliser ce qui suit :
- Récolter des grappes bien saines, en évitant autant que faire se peut, de toucher avec les doigts les grains de raisin. Garder un tronçon du rameau qui porte la grappe de 15 à 20 cm.
- Mettre ce tronçon dans une petite bouteille du genre bouteille de Coca (25cl, c'est parfait ) remplies au 2/3 d'eau dans laquelle on aura mis 1 ou 2 morceaux de charbon de bois. Ces bouteilles seront disposées sur des étagères, retenues par un fil ou mieux, par une tige de bois . Elles seront penchées à 45° pour que la grappe ne touche pas la bouteille. ( Oui, oui, je sais : en 1850 il ne connaissait pas encore le Coca, mais un jardinier sait toujours s'adapter !!!)
- L'endroit doit être sans lumière, sec et aéré. Une cave par exemple, là encore.
( La pièce où l'on conservait ces raisins avait un nom, mais je l'ai oublié !)
- Contrôler régulièrement l'état du raisin en retirant avec des ciseaux les grains qui peuvent pourrir.
- Cette méthode évite au raisin de s'assécher et surtout de conserver le raisin plus longtemps que la suspension pure et simple dont je parlais au début. Pour les variétés tardives, la conservation peu durer jusqu'à Pâques !

09:46 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le raisin
vendredi, 13 novembre 2009
Les derniers fruits d'Automne (5)
L'arbouse
L'arbouse est le fruit de l'une des 50 espèces d'arbousiers : arbutus unedo.

Peu de gens savent que ce petit arbrisseau, très commun en Provence, doit son nom à la médiocrité gustative de son fruit.
Les latins disaient en effet que lorsqu'on en en mangeait un on n'en mangeait pas deux !
( Unum edo = rien qu'un !!!).

L'arbutus unedo ressemble peu à l'arbutus andrachnoïdes dont nous avions déjà parlé en Avril .
Je ne peux pas me priver du plaisir de représenter un nouvelle fois la photo de cet arbre remarquable !

J'ai récolté hier, 11 Novembre, environ 1 kg d'arbouses pour tester la confiture dont j'ai trouvé la recette sur le site suivant :
Très sincèrement cette recette n'a strictement aucun intérêt !
Pour le fun, je la donne quand même !
Ingrédients :
- 750 grammes d'arbouses
- 500grammes de sucre
- jus d'un citron ( que j'ai été cueillir sur un de mes citronniers ; donc pas traité !)

Dans une terrine, faire macérer pendant 12 heures les arbouses+le sucre+le jus du citron.
Puis, verser le contenu de la terrine dans une bassine . Ajouter ½ verre d'eau.
Mettre à feu vif.
Laisser cuire (100°).
Objectivement, ce matin au p'tit dej., c'était pas terrible terrible !
08:35 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : l'arbouse
jeudi, 12 novembre 2009
Un coin de Paradis
Petit entracte dans la série des derniers fruits d'Automne.
A vrai dire , la nature ( et les jardins !) nous offre tant de sujets qu'on aimerait aborder....
C'est le cas aujourd'hui, où nous avons la chance de commencer la réalisation d'un nouveau jardin dans la Vallée des Baux de Provence, paysage béni des Dieux !

Le Mistral est véritablement saoulant mais il n'empêche pas, en bas, dans la vallée et dans chaque champs, la cueillette des olives qui bat son train.
On ne prend pas garde à la météo quand on travaille au Paradis !

07:43 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 11 novembre 2009
Les derniers fruits d'automne (4)
Le Kaki
C’est le fruit du Diospyros kaki (Plaqueminier du Japon)
La particularité de cet arbre c’est qu’il garde ses fruits après la chute des feuilles.
Pas banal !
Il y a beaucoup de variétés et 2 sortes de fruits :
1) Les plus courants ; ceux que les amateurs, dont je ne suis pas, mangent blets, après les premières gelées ; de façon à ce que les fruits soient bien ramollis !
Autant dire que cette espèce est assez peu commercialisée.
La variété la plus courante est le Kaki « Muscat ».


2) Les kakis « pommes » qui peuvent se déguster normalement sans faire tout ce « cinéma » !
Les amateurs de la première catégorie ne sont pas fan de la deuxième !
La variété la plus courante est le Kaki « Fuyu ».



On trouve facilement ces 2 catégories dans les pépinières du Sud .
Les kakis fuyu, conservent leurs feuilles plus longtemps (les photos des 2 arbres ont été prises le même jour, hier)

Confiture de Kaki ( 1ère catégorie ! )
Recette prise sur le site :ladymarmelade.canalblog.#9236C8
Ingrédients :
1 kg de Kaki très mûrs
800 grammes de sucre
1 sachet de pectine de pommes
Soulever le chapeau des kakis
Retirer la pulpe à la petite cuillère.
Eliminer les pépins.
Verser la pulpe dans un saladier.
Ajouter le sucre et laisser fondre 1 heure en tournant de temps en temps.
Verser dans la bassine à confiture.
Faire cuire 10 minute après le début de l’ébullition
Mélanger la pectine à 1 petite tasse de sucre et verser en pluie sur la confiture.
Bien remuer.
Laisser cuire à petit bouillon pendant encore 3 minutes, retirer du feu.
Mettre en pot ébouillanté, les fermer , les retourner jusqu’à refroidissement.
Je ne garantis rien …
Par contre je peux confirmer que la confiture de feijoa que j’ai faite ce w.e. est délicieuse…
08:04 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kaki





