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vendredi, 31 juillet 2009
31 juilllet

Champs de … pétunias à Saint Rémy de Provence.
Les pétunias sont ici cultivés en plein champs pour l’obtention des semences.
« Des champs de pétunias, aux pétales mous comme une batiste de femme, montrant le rose de la peau »
Zola, La Faute de l’Abbé Mouret.
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jeudi, 30 juillet 2009
30 juillet
Je viens de relire encore une fois, dans « Le K » de Dino Buzzati, cette nouvelle intitulée : « Douce nuit » que j’apprécie particulièrement .
Pour résumer, au début, l’histoire se passe dans la chambre de ce qui est probablement une résidence secondaire à la campagne où un couple de citadins se repose.
La femme n’arrive pas à trouver le sommeil et demande à son compagnon, Carlo, d’ouvrir les volets et de regarder si tout se passe bien dans le jardin….
« Il se leva, ouvrit la fenêtre et les volets, regarda dehors, resta stupéfait. Il y avait eu de l’orage l’après-midi et maintenant dans une atmosphère d’une incroyable pureté, la lune sur son déclin éclairait de façon extraordinaire le jardin, immobile, désert et silencieux parce que les grillons et les grenouilles faisaient justement partie du silence.
C’était un jardin très simple : une pelouse bien plane avec une petite allée aux cailloux blancs qui formait un cercle et rayonnait dans différentes directions : sur les côtés seulement il y avait une bordure de fleurs. Mais c’était quand même le jardin de son enfance, un morceau douloureux de sa vie, un symbole de félicité perdue et toujours dans les nuits de lune, il semblait lui parler avec des allusions passionnées et indéchiffrables. Au levant, à contre-jour et sombre par conséquent, se dressait une barrière de charmes taillée en arches, au sud une haie basse de buis, au nord de l’escalier qui menait au potager, au couchant de la maison. Tout reposait de cette façon inspirée et merveilleuse avec laquelle la nature dort sous la lune et que personne n’est jamais parvenu à expliquer. Cependant, comme toujours, le spectacle de cette beauté expressive qu’on peut contempler bien sûr, mais qu’on ne pourra jamais faire sienne, lui inspirait un découragement profond.
« Carlo ! appela Maria de son lit, inquiète en voyant qu’il restait immobile à regarder. Qui est là ? »
Il referma la fenêtre, laissant les volets ouverts et il se retourna :
« Personne, ma chérie. Il y a une lune formidable. Je n’ai jamais vu une semblable paix. »
Il reprit son livre et retourna s’asseoir sur le divan.
Il était onze heure dix.
A ce moment précis, à l’extrémité sud-est du jardin, dans l’ombre projetée par les charmes, le couvercle d’une trappe dissimulée dans l’herbe commença à se soulever doucement, par à-coups, se déplaçant de côté et libérant l’ouverture d’une étroite galerie qui se perdait sous terre. D’un bond, un être trapu et noirâtre en déboucha, et se mit à courir frénétiquement en zigzag.
Suspendu à une tige un bébé sauterelle reposait, heureux, son tendre abdomen vert palpitait gracieusement au rythme de sa respiration. Les crochets de l’araignée noire se plongèrent avec rage dans le thorax et le déchirèrent. Le petit corps se contorsionna, détendant ses longues pattes postérieures, une seule fois. Déjà les horribles crocs avaient arraché la tête et maintenant ils fouillaient dans le ventre. Des morsures jaillit le suc abdominal que l’assassin se mit à lécher avidement.
Tout à la volupté démoniaque de son repas, il n’aperçut pas à temps une gigantesque silhouette sombre qui s’approchait de lui par-derrière. Serrant encore sa victime entre ses pattes, l’araignée noire disparut à jamais entre les mâchoires du crapaud.
Mais tout, dans le jardin, était poésie et calme divin.
Une seringue empoisonnée s’enfonça dans la pulpe tendre d’un escargot qui s’acheminait vers le jardin potager. Il réussit à parcourir encore deux centimètres avec la tête qui lui tournait, et puis il s’aperçut que son pied ne lui obéissait plus et il comprit qu’il était perdu.Bien que sa conscience fût obscurcie, il sentit les mandibules de la larve assaillante qui déchiquetaient furieusement des morceaux de sa chair, creusant d’affreuses cavernes dans son beau corps gras et élastique dont il était si fier.
Dans la dernière palpitation de son ignominieuse agonie il eut encore le temps de remarquer, avec une lueur de réconfort, que la larve maudite avait été harponnée par une araignée-loup et lacérée en un éclair.
Un peu plus loin, tendre idylle. Avec sa lanterne, allumée par intermittence au maximum, une luciole tournaillait autour de la lumière fixe d’une appétissante petite femelle, languissamment étendue sur une feuille. Oui ou non ?Oui ou non ? Il s’approcha d’elle, tenta une caresse, elle le laissa faire. L’orgasme de l’amour lui fit oublier à quel point un pré pouvait être infernal une nuit de lune.
Au moment où il embrassait sa compagne, un scarabée doré d’un seul coup l’éventra irrévocablement, le fendant de bout en bout . Son petit fanal continuait à palpiter implorant, oui ou non ? que son assaillant avait déjà à moitié englouti.
A ce moment-là il y eut un tumulte sauvage à un demi mètre de distance à peine. Mais tout se régla en quelques secondes. Quelque chose d’énorme et de doux tomba comme la foudre d’en haut. Le crapaud sentit un souffle fatal dans son dos, il chercha à se retourner. Mais il se balançait déjà dans les airs entre les serres d’un vieux hibou.
En regardant on ne voyait rien. Tout dans le jardin était poésie et divine tranquillité.
La kermesse de la mort avait commencé au crépuscule. Maintenant elle était au paroxysme de sa frénésie. Et elle continuerait jusqu’à l’aube. Partout ce n’était que massacre, supplice, tuerie. Des scalpels défonçaient des crânes, des crochets brisaient des jambes, fouillaient dans les viscères, des tenailles soulevaient les écailles, des poinçons s’enfonçaient, des dents trituraient, des aiguilles inoculaient des poisons et des anesthésiques, des filets emprisonnaient, des sucs érosifs liquéfiaient des esclaves encore vivants.
Depuis les minuscules habitants des mousses : les rotifère, les tardigrade, les amibes, les tecamibes, jusqu’aux larves, aux araignées, aux scarabées, aux mille-pattes , oui, oui, jusqu’aux orvets, aux scorpions, aux crapauds, aux taupes, aux hiboux, l’armée sans fin des assassins de grand chemin se déchaînait dans le carnage, tuant, torturant, déchirant, éventrant, dévorant. Comme si, dans une grande ville, chaque nuit, des dizaines de milliers de malandrins assoiffés de sang et armés jusqu’aux dents sortaient de leur tanière, pénétraient dans les maisons et égorgeaient les gens pendant leur sommeil.
Là-bas dans le fond, le Caruso des grillons vient de se taire à l’improviste, gobé méchamment par une taupe. Près de la haie la petite lampe de la luciole broyée par la dent d’un scarabée s’éteint. Le chant de la rainette étouffée par une couleuvre devient un sanglot. Et le petit papillon ne revient plus battre contre les vitres de la fenêtre éclairée : les ailes douloureusement froissées il se contorsionne dans l’estomac d’une chauve-souris.
Terreur, angoisse, déchirement, agonie, mort pour mille et mille autres créatures de Dieu, voilà ce qu’est le sommeil nocturne d’un jardin de trente mètres sur vingt.
Et c’est toujours la même chose dans la campagne environnante, et c’est toujours la même chose au-delà des montagnes environnantes aux reflets vitreux sous la lune, pâles et mystérieuses. Et dans le monde entier c’est la même chose, partout, à peine descend la nuit : extermination, anéantissement et carnage.Et quand la nuit se dissipe et que le soleil apparaît, un autre carnage commence avec d’autres assassins de grand chemin, mais une égale férocité. Il en a toujours été ainsi depuis l’origine des temps et il en sera de même pendant des siècles, jusqu’à la fin du monde.
Marie s’agite dans son lit, avec des petits grognements incompréhensibles. Et puis, de nouveau elle écarquille les yeux, épouvantée.
- Carlo, si tu savais quel horrible cauchemar je viens de faire. J’ai rêvé que là-dehors, dans le jardin, on était en train d’assassiner quelqu’un.
- Allons, tranquillise-toi un peu, ma chérie, je vais venir me coucher aussi.
- Carlo, ne te moque pas de moi, mais j’ai encore cette étrange sensation , je ne sais pas, moi, c’est comme si dehors dans le jardin il se passait quelque chose.
- Qu’est ce que tu vas penser là…
- Ne me dis pas non, Carlo, je t’en prie. Je voudrais tant que tu jettes un coup dehors.
Il secoue la tête et sourit. Il se lève, ouvre la fenêtre et regarde.
Le monde repose dans une immense quiétude, inondé par la lumière de la lune. Encore cette sensation d’enchantement, encore cette mystérieuse langueur.
- Dors tranquille, mon amour, il n’y a pas âme qui vive dehors, je n’ai jamais vu une telle paix.
Le K, Dino Buzzati.
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mardi, 28 juillet 2009
28 juillet
Une pensée particulière à Seddick
JOYEUX ANNIVERSAIRE
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Corse: chantier en cours
Avancement des travaux sur le chantier sud corse démarrés début avril (voir note dans archives: Corse)
09:46 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : corse
jeudi, 23 juillet 2009
Visite de chantier
23 juillet
Visite d'un jardin que nous venons tout juste de "livrer"
Les agapanthes s'affolent et nous sommes plutôt satisfaits
14:52 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jardin
lundi, 20 juillet 2009
Les tournesols
Quand les tournesols lorgnent vers les Alpilles
14:08 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tournesols, alpilles
dimanche, 19 juillet 2009
Pergola
De l'étude sur plan à la réalisation sur le terrain

10:07 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pergola
samedi, 18 juillet 2009
Espagne : passion cactus
Cet homme de 81 ans produit, cultive et vit avec ses cactus depuis 53 ans .
15:02 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cactus
jeudi, 16 juillet 2009
16 juillet
Jardiniers capitali…, heu non, paysagistes au travail !

13:38 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 12 juillet 2009
Chenilles processionnaires
11 Juillet
En passant la semaine dernière à Hyères, j’ai pris cette photo.
Et ce matin, j’ai eu la surprise de voir ce piège mis en place par la mairie d’Avignon sur les pins d’un terre plein central d’une rocade
L’occasion pour moi de parler des chenilles processionnaires :
Actuellement, dans nos régions, des papillons nocturnes sortent de terre.
(C’est la première opportunité de lutte : on piège les papillons adultes en les attirant avec des phéromone de synthèse, c’est ce que montre la photo prise aujourd’hui des pins traités par la Ville d’Avignon)

Les femelles vont pondre des œufs sur les aiguilles des pins (pins noirs et pins d’Alep sont les plus touchés) et parfois des cèdres.
Ces œufs forment une sorte de petit manchon gris de 4 /5cm qui épouse l’aiguille.
Dès le début Septembre ( 4 à 6 semaines après la ponte) les larves éclosent et commencent à manger les aiguilles .En Septembre il est très difficile de les voir mais la présence de petits bouquets d’aiguilles marrons est déjà un signe pour qui sait observer.
Il y a également dès cette époque des sortes de pré nid (très peu visible).
(On peut dès cette période commencer à couper et brûler les branches touchées ; elles sont rarement très haute).
(La 3ème possibilité de lutte à lieu à partir de mi-Septembre jusqu’à Novembre : pulvérisation d’un insecticide biologique à base de Bacillus Thuringensis. Traitement assez difficile à réaliser pour un particulier lorsqu’il s’agit de grands arbres…)
En Novembre, les chenilles construisent leurs nids d’hiver qu’elles quittent la nuit pour continuer leur festin.
(Là encore, un échenillage constitue un moyen simple et efficace de lutte, lorsqu’il y a peu d’arbres concernés).
En Mars, les chenilles descendent définitivement de l’arbre et processionnent pendant plusieurs jours et s’arrêtent dans un endroit ensoleillé. Chacune s’enterre à 10 /20cm de profondeur.
(Le moyen de lutte à ce stade est vieux comme le monde, astucieux et assez efficace bien que ne concernant que la population … du seul arbre traité !
Il s’agit, comme on le voit sur la photo prise à Hyères, d’entourer les troncs des pins d’une large bande enduite de glue. La procession s’arrête net ; c’est la fin du cycle de reproduction !)

15 jours après, en Avril, la chenille, sous terre, se transforme en chrysalide.
Soit cette chrysalide se transforme en papillon 2 mois après, en Juin, soit elle attendra l’année suivante ou même plus tard !
Le papillon, toujours sous terre, attend Juillet ( c’est à dire : maintenant !) pour sortir.
Et c’est reparti pour un tour !
Pour aller plus loin: Ce qu’écrivait … il y a plus de 100 ans, Jean Henri Fabre
http://www.e-fabre.com/e-texts/souvenirs_entomologiques/p...
07:25 Publié dans la bêche & le crayon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chenilles processionnaires





