mercredi, 05 mai 2010
Un jardinier d'exception : Marcel Gaucher.
La Villa Victoria à Grasse
Grâce à la rose qui porte le nom de ce Général au nom imprononçable, j'ai pu découvrir l'existence de cette famille, les Nabonnand, dont on retrouvait les obtentions horticoles dans tous ces magnifiques jardins de la Riviera.
Rien que pour cela, merci mon Général !
Pour rester dans l'ambiance de ces jardins du début du siècle, j'ai lu ce week-end, le témoignage absolument passionnant d'un jardinier : Marcel Gaucher.

« Les Rothschild côté jardins »
Marcel Gaucher
Editions Arts et Système
( Novembre 200)
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Les Gaucher étaient jardiniers de père en fils, mais la dynastie prend fin aujourd'hui, car le fils de Marcel est ... évêque.
Le père de Marcel, orphelin à 13 ans, commença dans le métier comme apprenti chez un horticulteur à Châtenay-Malabry.
A cette époque, les conditions de travail des apprentis n'étaient pas tout à fait les mêmes qu'aujourd'hui, c'est le moins qu'on puisse dire :
- Logés dans une soupente non chauffée, et levés à 4 heures tous les matins....
( Noë, si tu nous lis....)
Après son apprentissage, il fit plusieurs stages dans les grands domaines de l'époque et se présenta un jour, en 1903, pour un poste de contremaître à la Villa Victoria , propriété de 135 hectares de la baronne Alice de Rotschild qui y habitait 6 mois sur 12.
Le chef jardinier étant malade, il le remplaça rapidement.
L'effectif normal des jardiniers était d'une cinquantaine de jardiniers, renforcé par 30 à 40 manœuvres pendant la période estivale.
Le faste de ce jardin, tel que le décrit Marcel Gaucher, dépasse l'entendement.
« Au cours de ma vie, j'ai vu les plus beaux jardins de France et même d'Europe, mais dans mon souvenir, la Villa Victoria conserve la première place, à l'abri de toute concurrence. »
A la mort de sa propriétaire, le domaine devint ... un lotissement ( 300 lots!) et la Villa, un hôtel de luxe, disparu aujourd'hui...
Les dépliants annonçaient :
« Lotissement du Domaine de Rothschild, à Grasse.
135 hectares de parcs, de jardins, d'oliviers et de forêt de pins
Panorama incomparable.
Climat unique
Facilités de paiement »
Marcel Gaucher conclut ainsi le long chapitre consacré à ce jardin dont son père était le régisseur :
« ... je déplorais amèrement que les jardins de Grasse aient à jamais disparu, car aucun de ceux que j'ai vus depuis n'aurait pu les surpasser ni même les égaler.
Quand il m'arrive de retourner à Grasse, je parcours parfois le lotissement sans caractère à la recherche d'un souvenir, d'un repère, d'un détail me rappelant la Belle Epoque.
Peine perdue.
Ma maison est toujours debout, mais toute la végétation qui la recouvrait et l'environnait a disparu. Pratiquement rien n'a été sauvé. Et pourtant, il fut un temps où l'on pouvait dire : Ici tout n'est qu'ordre et beauté ».

07:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marcel gaucher

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