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samedi, 08 mai 2010

Marcel Gaucher

 


La fin d'une époque

 

Marcel Gaucher quitte alors Armainvilliers en 1936, pour remplacer son père à Boulogne qui était devenu la propriété de la fille du baron Edmond.

 

Elle transforma radicalement le jardin à la française qu'elle trouvait trop rigide et dont le style ne lui plaisait pas particulièrement.

 

Puis il y eut l'épisode de la guerre où Marcel fut fait prisonnier en Allemagne.

 

A la libération il retrouva la propriété et les superbes jardins complètement dévastés.

Des baraquements avaient été construits un peu partout. Les canalisations avaient été détruites par le passage des engins militaires. Les pagodes du jardin avaient servi de bois de chauffage aux G.Is qui y avaient été cantonnés...

 

De la surabondante équipe de jardiniers d'avant-guerre, il n'en restait plus que 12 qui, en ces temps d'après guerre, ne s'occupaient plus que de la production fruitière et légumière.

Le parc conservait malgré tout de beaux restes, mais la tâche était immense.

 

La fin de cette incroyable aventure fut la construction de l'Hôpital Amboise Paré, puis le creusement d'une bretelle d'accès au Périphérique qu'empruntent aujourd'hui  tous les banlieusards de l'Ouest parisien qui passent par le tunnel de Saint Cloud.

Ce qui reste de ce somptueux  domaine fut acheté en 1981 par la Mairie de Boulogne pour ...1 franc symbolique. !!!

 

Le château squatté et tagué, voilà ce qu'il en reste aujourd'hui

( «  le Parisien » du 27 Septembre 2007).

 

 

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Que reste- t'il de ces somptueux domaines qui n'auront « duré » qu'une centaine d'années :

La villa Victoria et le Château de Boulogne.

Que reste t'il de ces superbes et fastueux jardins, de ces armées de jardiniers ?

L'un est un lotissement et l'autre une ruine délabrée.

 

 

Chateaubriand dans les " Mémoires d'Outre-Tombe" parlant des chateaux de sables qu'il construisait dans son enfance sur la plage et que la marée emportait à chaque fois, faisait le parallèle avec les travaux qu'il entreprit par la suite ...

"Depuis cette époque, j'ai souvent cru bâtir pour l'éternité des châteaux plus vite écroulés

que mes palais de sable. »


Un de mes professeurs à L'Ecole Spéciale d'Architecture des Jardins nous disait souvent que l'Art des Jardins était l'Art de l'Ephémère !

 

C'est si vrai ...

 

 

 

La vie professionnelle de Marcel Gaucher pris une nouvelle orientation puis il devint administrateur de la Société National d'Horticulture de France, traducteur de livre horticoles anglais et auteur de nombreux articles dans la revue Jardins de France.

 

L'édition de son livre que je recommande chaudement,  date de Novembre 2000, il avait alors 95 ans.

 

 

 

 

 

 

Commentaires

J'ai bien aime cette serie sur Marcel Gaucher et le jardin de Grasse. Si cela peut vous interesser, il etait paru un article dans La Vie a la Campagne (Vol.IX, no 106) `Les jardins de la villa Victoria', par Albert Maumene' , 15 fevrier 1911 (avec 11 illustrations d'apres des photographies). On trouve encore, en se promenant dans ce qui fut le domaine, un vestige ici ou la - petit escalier en rocaille, tres grands vieux cedres ou palmiers... et peut-etre meme le vieux rosier Nabonnand qui est dans mon jardin (he oui, un de ces 300 lots des annees 20), un Archiduc Joseph. La route construite pour la reine Victoria existe encore, et tout au sommet, intacte et meme assez bien restauree, la maison de the. Le panorama est toujours sublime, bien que le pays de Grasse ait change.

En suivant le pointeur sur l'association pour les rosiers Nabonnand, j'ai ete un peu surprise de ne pas voir figurer le domaine de Saint Jacques du Couloubrier (a Grasse) ou il existe un conservatoire de ces roses (je crois que le `jardiniste' Bruno Goris y participe aussi). Le domaine est prive, mais peut se visiter. Une grande partie du jardin a ete dessine par Russell Page et restaure apres presque complet abandon, sans que les moyens manquent, semble-t-il... http://couloubrier.com/

Juste un mot pour vous dire combien j'adore venir me ressourcer en lisant la Beche et le Crayon. C'est rassurant de penser que d'autres personnes que moi sont aussi cinglees de jardins et de jardinage, et meme en font leur metier... J.L

Écrit par : lecarme | samedi, 22 mai 2010

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Merci pour vos infos.
Lorsque j'ai débuté dans ce "métier", je n'avais encore jamais entendu parler ni de la villa Victoria,ni de Nabonnand.
Je ne connaissais de Grasse que ses parfums et ... la Villa Noailles qui était pour moi un lieu véritablement magique.
Je m'y suis rendu plusieurs fois (au printemps), comme si j'effectuais une sorte de pélerinage !
J'ignore ce que ce jardin est devenu.
C'était privé, mais la porte était toujours ouverte et les quelques visiteurs qu'on pouvait y rencontrer étaient toujours manifestement saisis par la beauté des lieux.

Merci aussi pour votre petit mot sur la bêche et le crayon.
C'est un tel plaisir de parler de ce qu'on aime.
Mais parfois on enquiquine (!!) son ou ses interlocuteurs qui peuvent tout à fait avoir d'autres centre d'intérêt dans la vie...
Ce qui n'est pas le cas avec un blog.
Ceux qui le lisent ( 4000 visites par mois) partagent la même passion.

Écrit par : François | dimanche, 23 mai 2010

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La villa Noailles n'est plus ouverte au public que tous les vendredi de Mai (et peut-etre de Juin), de 14h a 16h, et se visite pour 10 euros. Mais vous seriez peut-etre decu. Elle appartient au neveu de Charles de Noailles, qui n'y vient pratiquement jamais. Quelqu'un s'occupe maintenant du jardin - une jardiniere- paysagiste anglaise, je crois. Mais beaucoup de plantes rares ont disparu, ou sont colonisees par d'autres (les hellebores orientales...). Les collections de camelias ont ete negligees pendant de nombreuses annees et font peine a voir. Mais le jardin a de beaux restes. Le spectaculaire enclos de pivoines arbustives est deja defleuri en mai, mais le nymphee, le chant des sources, le caractere secret et intemporel de ce jardin sont tels qu'on ne se lasse pas d'y revenir. Et il y a, dans la grande mixed border du haut, le plus somptueux exemplaire du rosier Buff Beauty que je verrai jamais.

Grasse avait un superbe patrimoine en fait de jardins, mais le saccage continue. Le jardin de la villa Croisset, cree par Ferdinand Bac vers 1911 et miraculeusement preserve jusqu'aux annees 80, a ete remplace par des immeubles. Il faudrait a nos ediles un peu plus de culture (oui, c'est justement le mot). Et votre blog y contribue. Encore merci, JL.

Écrit par : lecarme | dimanche, 23 mai 2010

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