jeudi, 17 décembre 2009

Les olivades, (triste) fin.

 

Il faut bien se rendre à l'évidence, concernant la culture et la récolte des olives, qu'une page est en train de se tourner.

 

Et ce ne sera pas sans conséquences sur les paysages méditerranéens ( et la vie sociale...).

 

En effet, à l'heure d'aujourd'hui, ce qui coûte cher c'est ... la Main d'Oeuvre !

 

Dans les années 90, des espagnols, en Catalogne on trouvé une solution permettant de régler, et de quel manière, ce problème.

 

Ils ont tout simplement reproduit, pour l'olivier, ce que l'on avait fait pour la vigne.

 

Une culture en espalier, et une sorte de machine à vendanger, bricolée pour la récolte des olives.

 

Depuis , le taux de croissance dans le monde des plantations en haie a littéralement explosé.

 

Quelques chiffres :

 

Le rendement traditionnel d'une récolte avec un peigne est d'environ 80 kg d'olives, par jour et par personne.

Avec un outil manuel pneumatique, électrique  ou à moteur, il est de 80kg ... par heure.

 

Pffft, les petits joueurs !!!

 

...Avec la culture en espalier on récolte ...10 à 12 tonnes par ha, en 1heure 30.

Et... les olives sont directement  dans le camion !

 

Une petite visite sur le site espagnol suivant, vaut tous les commentaires....

 

www.todolivo.com.webloc

 

Chez nous, on voit apparaître, timidement pour l'instant, ces fameuses haies.

 

Elles sont encore à l'échelle humaine, si on les compare à celles qui figurent sur le site, mais demain ?

 

Ces 3 photos ont été prises dans la Vallée des Baux.

 

 

 

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Ici, il s'agit d'une toute petite parcelle à Boulbon.

Photo pleine de symbole...

 

 

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«  Tout a une fin en ce monde.

Et il faut croire que le temps des moulins à vent était passé.

Comme celui des coches sur le Rhône, des parlements et des jaquettes à grandes fleurs. »

Alphonse Daudet (Le secret de Maître Cornille)

 

 

mercredi, 16 décembre 2009

Olivades (3)

 

Les olivades (3)

 

Il est assez extraordinaire, et rassurant, de constater que sur des sujets qui, à priori, n'aurait pas du intéresser grand monde, des chercheurs , dans un quasi anonymat et à la suite d'un véritable travail de fourmi, ont, pour notre plus grand bonheur, mis à jour de véritables petits bijoux.

 

 

 

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Hier, je transcrivais ici un petit extrait du livre d'Emile Bonnel, aujourd'hui c'est au tour de l'ouvrage de Gilberte Dunan :

 

 

« L'Olivier à Aramon du XVI° au XVIII°siècle,

Sa culture,

Production et commerce de l'huile. »

 

 

Avec son amicale autorisation, je livre ici le passage concernant la cueillette des olives.

 

 

(Du travail d'Emile Bonnel ou de celui de  Gilberte Dunan il y aurait bien d'autres extraits à faire, tous plus passionnants les uns que les autres, mais cette semaine j'étais branché sur la cueillette...

Another day, may be ...)

 

 

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« La cueillette des olives :

 

« La cueillette est faite par les hommes comme par les femmes, selon des règles précises que l'on retrouve dans la plupart des baux d'arrentement ou dans les actes très spécifique appelés « baux à cueillir les olives » passés vers la fin du mois d'Octobre par les propriétaires à leur métayer ou à des travailleurs.

 

L'olivaison revêt une grande importance car c'est d'elle que dépendent la quantité de l'huile produite.La cueillette commençait à la Saint Martin (11 Novembre) et se prolongeait en Décembre, en cas de besoin.

 

A titre d'exemple, voici le contrat passé par Guillaume des Roy, propriétaire du Moulon en 1700 à son fermier Charles Dunan :

 

«  Cueillir que par beau temps, sans gelée blanche, ni pluie ni brouillard, sans que les olives soient mouillées, escluant les estaques, cueillir avec la main sans se servir de verges et porter chaque jour au moulin indiqué pour y être pressées... »

 

Cette dernière instruction montre que les grands propriétaires avaient bien compris l'importance d'une utilisation rapide des olives.

 

Jean-Joseph Labrousse dans son mémoire sur l'olivier déplorait la routine des paysans qui trop souvent amoncelaient les olives, les laissant s'échauffer trop longtemps, pour donner une masse qu'il fallait attaquer à la pioche, naturellement, l'huile extraite était fort épaisse et mauvaise. Voici ce qu'il recommandait pour la cueillette :

 

« On doit faire la cueillette des olives dans le mois de Novembre, c'est alors qu'elles sont colorées de ce rouge noirâtre qui annonce leur maturité, on ne doit employer ni cannes ni bâtons pour les faire tomber, ainsi qu'on le pratique aux environs de Nîmes et de Montpellier... l'olivier est trop précieux pour être maltraité, et son fruit demande qu'on le cueille doucement avec la main pour le mettre dans les paniers, ou pour le laisser tomber dans des toiles tendues à terre pour le recevoir »...

 

Tout un folklore est né autour de la cueillette des olives, idéalisant le dur travail du ramassage, décrivant les équipes de ramasseurs comme des groupes joyeux où le chant et les facéties ont leur place.

 

Joseph Dunan, félibre originaire d'Aramon a évoqué le déroulement d'une journée d'olivaison dans son poème intitulé « lis oulivado », couronné aux jeux floraux de 1907 sous la présidence de Frédéric Mistral.

 

 

 

2 observations sur cet extrait :

 

1)    olivade c'est du provençal, olivaison du français !

 

2)    Jean-Joseph Labrousse dont il est fait mention est né en 1733 et mort en 1810.

L'extrait publié ici a été tiré de son ouvrage : «  Sur la manière de cultiver l'olivier, et de le préserver des insectes »

 

 

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Demain la suite et la (triste) fin ...

 

 

mardi, 15 décembre 2009

Olivades (2)


 

Emile Bonnel, écrivain provençal, poète et historien a publié de nombreux ouvrages ou articles concernant des sujets très variés.

Ses publications, quelque soit le sujet traité,  ont toujours été le résultat d'une recherche très originale et approfondie de documents inédits ou ignorés venant des archives publiques et privées.

J'avais une très grande admiration pour cette homme simple, érudit et cultivé qui est décédé cette année.

 

 

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Dans son ouvrage

«  Villeneuve lez Avignon au XVIIIème siècle

Huiles et Oliviers »

(avec un titre pareil,  ça ne risquait pas de devenir un best-seller !)

 

Un article dédié à « La cueillette » reprend l'extrait suivant ( qui date, bien entendu,  du XVIIIème siècle) :

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« Traité de l'olivier, présenté à noseigneurs et messieurs les procureurs et gens des trois Etats du pays et comté de Provence par Mr Couture curé de Miramas »

« Manière de cueillir les olives »


« ... Je cueille les olives à la main, sans gants, sans mites, parce que leur roideur non seulement serre trop l'olive et la blesse mais elle écorce les rameaux et les expose à périr par le froid et les gelées blanches.


Quand nous cueillons par temps froid les hommes comme les femmes ont des mitaines de façon que les doigts soient entièrement libres.


Les femmes s'attachent un panier à la ceinture, les hommes le porte pendu à une courroie ou corde qu'ils mettent en bandoulière.


Il n'est pas question de cueillir une olive noire et de laisser la citrine , la rouge, la purine ; en cueillant un arbre je cueille toutes les olives dont il est chargé, quelle que soit leur couleur, les vertes comme les noires, toutes viennent dans mon panier.


Les oliveuses se mettent au nombre de quatre ou cinq par arbre et l'on cueille les olives, qui sont en courtine (branchage qui retombe) ; les autres montent sur des échelles ; celles-ci dans l'intérieur de l'arbre se penchent sur les branches mères ; les hommes cueillent ordinairement les plus difficile, soit au moyen de cavalets plus hauts que ceux des femmes, soit en montant sur les branches les plus élevées, les plus difficile à cueillir.


Nous avons cependant des femmes et des filles accoutumées dès leur enfance à braver les dangers elles se perchent comme des oiseaux sur nos arbres.


Quand les cueilleuses sont dans des positions pénibles et qu'elles ont rempli leur panier; elles détachent la ceinture à laquelle il tient, le lient avec cette même ceinture, le descendent de l'arbre, demandent à le vider.


Ceux qui cueillent à terre le verse dans un cabas, et les oliveuses ayant ensuite lié leur panier à leur ceinture continent la cueillette.


Le propriétaire doit être content lorsque chacune de ces femmes ramasse un quintal d'olives par jour.


Souvent quand les autres arbres sont chargés, que l'olive est belle, elles en cueillent davantage.


J'en ai eu qui ont cueilli jusqu'à 14 émines pesant chacune quarante et une livre.


Mais il peut arriver que la cueillette de la journée ne soit pas si forte, surtout quand les oliviers sont peu vigoureux, que les olives sont rares et petites, le temps mauvais.


Il est des oliveuses plus aptes à cueillir que d'autres, ce qui dépend de l'habitude , de l'agilité naturelle, plutôt que de la volonté, quoique la volonté y entre pour beaucoup.


Telle ne cueille que deux émines quand elle travaille pour autrui, qui en cueille quatre quand elle est dans son propre ménage... »


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lundi, 14 décembre 2009

Olivades (1)

 

Cueillette des olives (1)

 

Pour ramasser les olives, il y a plusieurs techniques.  Soit on utilise :

 

-        sa ... main. On cueille le fruit que l'on met directement dans un panier ; c'est la méthode la plus simple et la plus conviviale ( sauf s'il y a du Mistral et qu'il fait froid !) mais certainement pas la plus efficace !

 

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-        un «  peigne » en faisant tomber directement les fruits sur un filet.

 

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www.emis-france.fr/recol#A22E5C

-       une gaule pneumatique ( efficace , rapide mais moins poétique !)

 

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-       un vibreur de branche. Heureusement cette méthode polluante, sonore et néfaste pour les arbres est encore peu utilisée dans nos régions. Ouf !

 

...A suivre !

 

 

 

 

jeudi, 29 octobre 2009

Menu Provençal

Dans la Vallée des Baux, menu du jour :

 

DSC05101.jpgEntrée :

des vestiges de Tournesols, en bordure de la route de Fontvieille.

On dirait vraiment des luminaires de Jean Philippe Weimer, comme on peut en apercevoir sur la page « lumière » du remarquable site «  paysages et jardins méditerranéens » !

 

 

 

 

 

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Plat du jour : Olivades !

Ce matin, par un temps superbe, la récolte a bien commencé à Maussane.

L’huile d’olive primeur a de plus en plus d’adeptes (dont moi).

Assez curieusement si les moissons et les vendanges ont été chantés en tous temps et en tous lieux par tous les artistes, ce n’est pas le cas des olivades.

Or, aujourd’hui, en Provence, c’est probablement la récolte la plus festive .

Elle est essentiellement ( pour l’instant) manuelle.

Malheureusement, des plantations en haie d’oliviers commencent à pointer leur nez dans le paysage.

Et qui dit plantation en haie, dit mécanisation …

 

 

 

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Dessert : Coucher de soleil de fin Octobre